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Organisez une soirée jeux de rôle pour Halloween

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Horreur A Arkham JDR2

— Bon, les amis, on se fait un p’tit jeu de rôle pour Halloween ? Peut-être est-ce une tradition du 31 octobre dans votre groupe de potes, peut-être est-ce la première fois que vous programmez cela, mais le JDR est une excellente idée pour occuper cette soirée emblématique.

Quoi prévoir en tant que Maître du jeu ?

Ici, nous allons aborder les spécificités liées au jeu de rôle pour une soirée d’horreur (sans évoquer les éléments de création d’aventure, néanmoins). Certains jeux se prêtent à merveille à l’exercice, comme L’Appel de Cthulhu (un classique), mais avec une touche « pulp »inimitable. Si vous souhaitez voyager un peu dans le temps sans quitter la terreur cosmique purement lovecraftienne, Cthulhu Tenebris est tout indiqué ! Sans parler de Sombre, la peur comme au cinéma, spécialement conçu pour le genre. Mais l’on peut très bien s’en remettre à des jeux dont le propos initial n’est pas l’horreur ou la peur : les émotions, par ce contraste, n’en seront que plus saisissantes. Pourquoi ne pas tenter de détourner un classique comme Tails of Equestria ? S’il semble s’adresser à un groupe plutôt jeune, il peut tout à fait servir de décor à une soirée d’Halloween originale… Et pour le coup, la surprise est garantie !

Quoi qu’il en soit, il vous faudra, à vous, MJ, préparer plusieurs éléments. On ne fait pas peur de la même façon à tout le monde, et tout le monde connaît des limites dans ce qu’il est prêt à ressentir. Qu’ils soient sombres ou non, à vous de détourner certains jeux de rôle afin d’instaurer un climat d’horreur ou de peur !

Le jeu de rôle « horreur »

Tout d’abord, afin d’assurer la cohérence de votre partie, vous devez décider du sous-genre d’horreur que vous voudrez mettre en scène. Car oui, l’horreur n’est pas un genre monolithique. Ainsi, opterez-vous pour une session tournée vers l’horreur psychologique ressentie lorsque l’on découvre les abysses des mystères du Mythe ? Préférerez-vous lancer un tueur au couteau aux trousses de vos joueurs et joueuses, dans la droite ligne des slashers, mais au milieu des Endroits désolés du Lieu, dans le but de voler leur eau aux personnages-joueurs d’une partie d’Inachevés (vous en apprendrez plus en fin de cet article) ? Ou mettrez-vous à mal les nerfs de vos camarades de jeu avec des scènes de « body horror » dans lesquelles vous malmènerez les corps meurtris de leur alter ego ludique ?

Le choix du registre

Quand vous aurez opté pour le sous-genre de votre préférence, considérez le registre dans lequel vous souhaitez donner. Comme le disait Stephen King, dont on pourra difficilement argumenter qu’il n’y connaît rien, l’horreur vise à provoquer trois niveaux d’émotions : la terreur (où tout est suggéré, laissant la part belle à l’imagination), l’horreur à proprement parler (qui entraîne une réaction viscérale matinée de peur devant quelque chose de monstrueux ou d’anormal) et enfin la révulsion (un choc suscité par le dégoût).

Horreur Arkham JDR2

Sélectionnez un registre, appliquez-le à votre sous-genre, décrivez la scène : le tueur en série peut faire jouer son couteau sur les grilles de fer du tribunal en suivant le personnage, qui sera peut-être sa douzième victime (terreur)… à moins que le personnage en question tombe justement sur cette douzième victime, ou plutôt glisse dans la flaque de sang avant de s’étaler dans le corps froid, sans vie et complètement éviscéré du malheureux (révulsion) ?

Bien connaître vos joueurs et leurs limites

Bien entendu, tout ceci ne pourra fonctionner que si vous connaissez vos joueurs et vos joueuses. Car ce n’est pas chez les personnages que vous chercherez à susciter ces émotions, mais bien chez vos camarades. Et peut-être sont-ils imperméables à la vue (même imaginaire) du sang ? Dans ce cas, vos effets vont tomber à l’eau.

Si vous ne savez pas ce qui fait trembler vos amis, n’hésitez pas à… leur poser la question, tout simplement. Vous avez convenu de vous retrouver pour une session de jeu de rôle horrifique, ils ont déjà une vague idée des émotions que vous essaierez de susciter et acceptent de les ressentir. En tout cas, ils viennent pour ça. En revanche, ils ne viennent pas pour se sentir vraiment mal.

À Halloween, on joue à se faire peur. Gentiment. Comme lorsqu’on regarde un film d’horreur toutes lumières éteintes, ou quand on se demande si c’est une branche qui gratte au volet alors qu’on se couche. On va titiller nos peurs et nos frayeurs, mais sans franchir de limite.

Comme pour ce qui fait peur à vos camarades de jeux, vous n’aurez peut-être pas connaissance de leurs limites. À nouveau, et même plus encore, veillez à savoir jusqu’où ils sont prêts à aller. Plus haut, nous évoquions une mare de sang et un corps éviscéré. Peut-être est-ce un grand « non » pour quelqu’un autour de la table ?

Par conséquent, demandez clairement, pendant votre préparation, s’il y a des sujets à éviter ou des choses à n’évoquer, au mieux, qu’à demi-mot (et nous repensons ici à la terreur que l’imagination peut susciter), et astreignez-vous à ne pas les mettre en scène. Tout le monde vous en sera reconnaissant.

Nous évoquons dans cet article les dispositifs de sécurité émotionnelle, mais je vous invite vivement à utiliser une « carte X » lors des jeux de rôle d’horreur : cette carte, marquée d’un simple X et posée à porter de main de tout le monde, peut être pointée du doigt afin de signifier que l’élément qui vient d’être ajouté au récit crée un malaise trop important pour laisser le déclencheur en jeu. Passez alors à la suite ou décrivez la scène d’une autre manière.

One-shot ou épisode de campagne ?

Bien, vous avez décidé ce que vous allez infliger à vos joueurs et joueuses. Mais comment cela s’insère-t-il dans vos habitudes de jeu ? Concrètement, allez-vous proposer un scénario indépendant, ou un épisode de votre campagne en cours ?

Le scénario indépendant

Dans le premier cas, vous pourrez tuer des personnages sans trop de regret (prévoyez quand même de ne pas le faire trop tôt dans la partie, ou alors veillez à disposer de personnages de rechange), puisqu’après avoir baissé le rideau, l’aventure sera reléguée à vos souvenirs, sans autre conséquence pour vos futures parties.

L’épisode de campagne spécial Halloween

Pour une campagne, il vous faudra envisager les retombées de cette aventure particulière : était-ce épisodique, les personnages ont-ils affronté, rencontré, vécu des éléments récurrents ? Ont-ils été marqués à jamais par ce qu’ils viennent de vivre (on peut parier que oui, cela dit, mais c’était peut-être un simple lundi pour eux) ? Bien entendu, tout dépendra de ce que vous souhaitez pour votre soirée d’Halloween.

Prendre une pause dans une campagne peut parfois être bénéfique, mais instiller un sentiment d’horreur peut marquer des personnages sur le long terme.

Cinq jeux de rôle pour faire d’Halloween un moment inoubliable !

Vous avez besoin d’un soupçon d’inspiration ?  Voici ces jeux qui nous semblent, à cet instant, parfaits pour faire de cette soirée un épisode époustouflant ! On vous charge de trouver l’ambiance, de choisir la musique, d’éventuels visuels…

Pulp, tentacules et Cthulhu : Horreur à Arkham

Si le Mythe de Cthulhu est un indispensable, que ce soit via L’Appel de Cthulhu ou l’une de ses déclinaisons, laissez-nous vous présenter sa version « speakeasy » ! Vous trouverez dans Horreur à Arkham les cultes étranges, les créatures morbides et les mystères à rendre fou un psychiatre qui font le sel de ses prédécesseurs… À ceci près que l’ambiance est celle de ces histoires pleines d’action, de suspens et de punchlines qui ont fait le succès du genre pulp ! Les Années Folles sont celles de séries comme Peaky Blinders, avec une touche colorée et…horrifique.
Le système de jeu, simple et enlevé, donne vie à des scènes dans lesquelles chaque joueuse et chaque joueur s’exprime à part égale, pour un rythme de partie trépidant. Un jeu de rôle à destination de celles et ceux qui souhaitent découvrir ce loisir, ou explorer le Mythe lovecraftien d’une nouvelle façon !

Horreur à Arkham Le Jeu de Rôle, Edge, 14+

Une époque sombre… et tentaculaire : Cthulhu Tenebris

Vous êtes en recherche d’une ambiance moins enlevée, plus humide, bien plus sombre ? Voire, vous vous lanceriez bien dans une partie à une époque durant laquelle le froid, la faim, la maladie et une simple écorchure tuaient aussi certainement qu’une créature extra-dimensionnelle ?
Les XII Singes, éditeur de qualité, a pensé à vous. Cthulhu Tenebris vous tend ses, euh… pseudopodes, moignons, tout ce qui pourrait servir à vous agripper pour ne plus vous lâcher. L’Hispanie de 870 vous y attend, alors que l’empire Carolingien continue de se désagréger. Tandis que la civilisation s’effrite autour de vous, que la proximité en ces terres des trois grandes religions monothéistes produit moults mystères et intrigues, des monstruosités guettent et attendent leur heure. Idéal pour plonger des joueuses et des joueurs en quête d’historicité, de secrets et d’une ambiance… Un poil étouffante !

Cthulhu Tenebris, Les XII Singes, 14+

Chroniques Oubliées… mais dont vous adorerez vous rappeler !

Voici la boîte à outils idéale ! Chroniques Oubliées Contemporain, c’est le jeu de rôle de Black Book Éditions qui vous entraîne partout à notre époque, quel que soit le thème ou le sujet. Et son supplément Horreur est une mine d’or. Règles, conseils, table de génération, amorces et cadres de scénarios, des sous-genres horrifiques peu ou pas bordés ailleurs, vous y trouverez tout pour organiser en vitesse une partie pour Halloween… Ou creuser un scénario au plus près des envies de vos joueuses et de vos joueurs, de Buffy contre les Vampires jusqu’à Massacre à la Tronçonneuse (si le cœur vous en dit, hein).

À sortir pour des meneurs et des meneuses de jeu en recherche d’un pitch rapide ou qui souhaitent creuser dans leurs joueurs… Euh, la question d’un scénario d’horreur, bien entendu !

Chroniques Oubliées Contemporain, Black Book Editions, 14+

Hurler à la lune, jouer le monstre : Loups-Garous – l’Apocalypse

Et si vous incarniez le monstre, pour une fois ? Le loup-garou, figure classique de l’horreur se dévoile dans cette cinquième édition d’un jeu de rôle mythique ! Mais si vous pensez être la plus terrible menace du quartier, détrompez-vous : ces loups-garous luttent contre une entité – et ses minions – dont l’objectif est simple : détruire le monde par la corruption. Ce Ver a à son service des entités parfaitement répugnantes, parfaites pour effrayer les personnages-joueurs ! Ceux-ci auront fort à faire avec ces abominations, et c’est sans compter le monde spirituel et ses habitants, alliés potentiels mais étranges, pour ne pas dire… Flippants.
Pour les joueuses et les joueurs en quête de puissance, certes, mais aussi d’une adversité indépassable et ce que cela signifie (un brin d’horreur psychologique qui n’est pas désagréable).

Loups-Garous – l’Apocalypse, Arkhane Asylum, 14+

Trouver son âme : Inachevés

L’horreur, parfois, se trouve dans ce sentiment indépassable d’étrangeté, de décalage. Inachevés, l’œuvre rôlistique du Studios Deadcrows, peut tout à fait virer au cauchemar… et donc se prêter à une partie lors de la soirée d’Halloween !

Imaginez donc : vous vous éveillez dans un paysage dévasté (le Lieu), cubique ou impressionniste. Vous constatez d’abord que vous êtes une statue incomplète, un projet inabouti. Autour de vous, d’autres ouvrent les yeux et vous ne pouvez communiquer que par gestes, voire en dessinant dans la poussière de cet étonnant paysage (un Endroit). Soudainement, vous réalisez l’absence qui vous creuse : vous n’avez pas d’âme. Tout aussi soudainement, d’autres de vos semblables jaillissent et tailladent vos compagnons à l’aide de lames en fer tordu ! Ces agresseurs sont étranges, des clous orange les traversent et ils s’emparent de l’eau de vos amis !
Que faites-vous ?
Cette violence, conjuguée au tableau surprenant dans lequel évoluent les personnages-joueurs d’Inachevés, est un parfait ressort de tension et d’horreur. Digne d’un slasher ! La quête d’âme des personnages n’en est que plus profonde, leur recherche d’identité, d’objectif, n’en est que plus intense !

Inachevés, Book in Game, 14+

Alors, quel sera votre programme ?

Vous disposez maintenant de quelques pistes de réflexion pour préparer votre partie de jeu de rôle d’Halloween. L’essentiel, comme souvent, consiste à se donner une ligne directrice avec les grands éléments de « l’horreur » (au sens large) que vous voulez mettre en scène, et de s’y tenir. Gardez à l’esprit ce qui fait peur à vos camarades de jeu et ce dont ils ne veulent même pas entendre parler, et réfléchissez aux conséquences de votre soirée pour les personnages et votre éventuelle campagne.

Vous devriez ainsi faire de cette soirée un épisode mémorable pour toutes et tous, une aventure que vous pourrez évoquer autour du feu de camp, près du lac, par une nuit sans lune.

Et si finalement vous préférez opter pour une soirée jeux de société, n’hésitez pas à lire aussi nos propositions de jeux en famille pour Halloween ou de jeux d’horreur.

Un article de Thomas, octobre 2026

Asmodee France
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